Strawberry quick Info? Intox?
INTOX : voici le communiqué de Modus Vivendi
Nombre d'entre vous ont eu vent de la soi-disant circulation d'une drogue très dangereuse maquillée en bonbons et offerte aux enfants dans les écoles belges : la drogue « strawberry quick ».
Voici l'explication. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, le « strawberry quick » est une légende urbaine, comme l'indique le très sérieux et très utile site web sur les légendes urbaines « hoaxbuster » : www.hoaxbuster.com et http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=72558 pour le hoax strawberry quick proprement dit !
NOTRE REACTION SUR LE HOAX STRAWBERRY QUICK, ET SES LIMITES
La question a été d'emblée « faut-il envoyer une « alerte précoce » sur le Strawberry Quick » ? La réponse à court terme fut « non », car le canal Alerte précoce - Early Warning System ( EWS , mission européenne remplie pour l'Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies - OEDT) sert à communiquer rapidement en cas de circulation de nouveau produit ou de nouveau mode de consommation entraînant des risques accrus pour les consommateurs. Rien de tel ici, puisqu'il n'y avait même pas de produit. Cela dit, une fois prise la mesure de l'ampleur de la rumeur et de ses dégâts (fantasmes, peur, etc.), il est apparu après concertation de nos partenaires qu'il serait bon dorénavant en pareil cas de tordre le cou à des rumeurs si elles sont galopantes et si elles sont nuisibles aux interventions et aux intervenants du réseau assuétudes qui est le nôtre. Or, dans ce cas-ci, l'entretien de la peur et des légendes urbaines n'est pas de nature à favoriser sur le moyen ou le long terme l'approche sereine, accompagnatrice (et pas sécuritaire et urgente), qui est la nôtre, nous semble-t-il.
En fait la difficulté, c'est de ne pas créer nous-mêmes de fantasme ou de vent de panique sur une rumeur isolée. Et la difficulté connexe, c'est de savoir si une rumeur est isolée ou pas. J'ai déjà eu, ainsi, dans la boîte mail d'Eurotox, des rumeurs sur du chocolat aux champignons psylocybes ou encore sur les « funk pills », soi-disant alternatives légales à l'ecstasy, soi-disant inclus dans des programmes de réductions des risques dans de nombreux pays... !
En général, je lance un message au Yahoo Group sur les tendances émergentes animé par Eurotox pour vérifier :
1) Si l'info est scientifique, ou une simple rumeur, ou même un « hoax »
2) En cas de rumeur, l'ampleur de cette rumeur, et quel peut en être le danger (et donc s'il faut réagir via le canal EWS ).
Dernière difficulté : nous sommes installés dans le réseau « drogues », et pas dans le réseau « écoles ». Quand une rumeur circule dans les écoles, nous avons du mal à en vérifier l'ampleur, sauf quand notre ministre (Fonck, qui a aussi la jeunesse dans ses attributions) nous informe d'un vent de panique (exemple pour le gaz butane). Parce que, pour rester sur le butane, deux accidents, même déplorables, plus deux ou trois articles à sensation dans les journaux, n'égalent pas forcément un phénomène de santé publique. Cela demande recoupements, etc.
C'est donc pour ça que la nécessité d'informer ne trouve qu'une application complexe : nous ne voulons pas créer de « peur du loup » quand il n'y a pas de loup ; nous ne voulons pas dénaturer le canal « EWS » pour ne pas lui faire perdre de la crédibilité ( le jour où un réel produit, réellement dangereux, réellement inconnu, se présente et se met à circuler).

